Lettre officielle reçue de la Secrétaire générale du ministère
Le changement climatique n’a pas attendu une directive du ministère pour reconquérir le mois de juin. L’été, c’est l’été !
Un courrier reçu sur nos boîtes fonctionnelles le 21 juin nous le rappelle, avec pour objet : « Épisode de chaleur : rappel des mesures et recommandations ».
C’est bien le mot « rappel » qui interpelle ! Comment ne pas s’étonner — voire s’insurger — d’un tel rappel ? La récurrence des épisodes de chaleur en fin d’année scolaire n’a visiblement pas chamboulé le ministère, probablement climatisé ! La question du bâti vétuste qui se transforme en fournaise l’été, l’organisation des examens en pleine canicule, une rentrée qui sera probablement elle aussi placée sous le signe de la chaleur…
Il est temps de réagir. Le SNALC portera cette question des conditions de travail lors des épisodes de chaleur, tant pour les personnels que pour les élèves. Les solutions bricolées doivent fondre au soleil pour laisser place à une véritable réflexion et à une action concrète.
Revenons sur ce courrier reçu, une communication une communication de Mélanie Joder, Secrétaire générale des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et des Sports, faisant suite à l’épisode de canicule en cours.
Météo-France qualifie cet épisode d’« étendu, durable et intense ». Trente-cinq départements sont placés en alerte rouge canicule à compter du 21 juin, avec des températures attendues entre 38 °C et 40 °C, voire davantage, jusqu’à au moins le 23 juin.
Voici les points essentiels du message :
Fermetures d’établissements. La fermeture d’une école ou d’un établissement reste un dernier recours, actionnée seulement si toutes les mesures de prévention se révèlent insuffisantes, après concertation entre le préfet, les autorités académiques et le maire. En cas de fermeture, les personnels ne sont tenus de se rendre sur place que si leur présence est nécessaire pour l’accueil de certains élèves ou pour des raisons de sécurité.
Examens. Les épreuves orales organisées avant 13h (grand oral, oraux de la voie professionnelle, oral anticipé de français) sont maintenues. En revanche, les recteurs pourront décider de reporter les oraux de l’après-midi aux matinées suivantes si les conditions de sécurité ne sont pas satisfaisantes. Les élèves, familles et personnels doivent en être informés rapidement.
Personnes vulnérables. Une attention particulière est demandée aux directeurs et chefs d’établissement pour recenser les personnels vulnérables et adapter leurs conditions de travail (horaires, télétravail, équipements spécifiques).
Élèves en stage. Pour les élèves en période de stage ou de formation en entreprise, ce sont les règles applicables aux salariés en fortes chaleurs qui s’appliquent, conformément aux consignes publiées conjointement par les ministères du Travail et de l’Éducation nationale.
Le plan ministériel de gestion des vagues de chaleur : de quoi s’agit-il ?
Le courrier fait référence au Plan ministériel de gestion des vagues de chaleur, publié par le ministère de l’Éducation nationale. Ce document, dont nous avons reçu la version complète, constitue le cadre de référence national pour faire face aux épisodes caniculaires dans les écoles et établissements scolaires.
Face à l’intensification prévisible des vagues de chaleur — Météo-France anticipe des épisodes possibles de mai à octobre — le ministère a structuré ce plan en cinq fiches thématiques :
Fiche 1 – Diagnostic du bâti scolaire. Il s’agit d’identifier les établissements les plus vulnérables à la chaleur (mauvaise isolation, grandes baies vitrées, cours sans ombrage, etc.) et de dresser une cartographie des zones à risque, en lien avec les collectivités territoriales propriétaires des bâtiments.
Fiche 2 – Protection des personnels. Tout employeur est tenu d’évaluer et de prévenir les risques liés à la chaleur. Le plan rappelle les obligations légales, les gestes de prévention au quotidien et les adaptations à mettre en œuvre lors des épisodes intenses (pauses, hydratation, aménagement des horaires, protection des agents vulnérables).
Fiche 3 – Adaptation du fonctionnement des établissements. Les directeurs et chefs d’établissement disposent d’une série de mesures graduées : aménagement des horaires, modification des activités pédagogiques, lieux de repli, et en dernier recours, fermeture temporaire.
Fiche 4 – Continuité pédagogique. Chaque établissement doit disposer d’un Plan de continuité pédagogique (PCP), activable en cas de fermeture : enseignement à distance, maintien du lien avec les élèves et les familles, attention particulière aux élèves sans équipement numérique.
Fiche 5 – Organisation des examens. Des recommandations pratiques sont données pour adapter les conditions de passation des épreuves (salles fraîches, hydratation, surveillance des signes de malaise), sans pouvoir toutefois modifier les calendriers nationaux.
À noter : le plan souligne qu’à ce jour, aucune réglementation ne fixe de seuil de température réglementaire pour l’accueil des élèves et des personnels. Les décisions restent fondées sur une appréciation globale des conditions locales.
Ce document est utile à tout personnel de l’Éducation nationale, directeur d’école ou chef d’établissement. Si vous souhaitez en prendre connaissance dans le détail — notamment les grilles d’évaluation du bâti ou les fiches pratiques — nous vous invitons à consulter le plan complet disponible sur le site du ministère.










